L’incroyable disparition du Cecil Hôtel

Le Cecil Hôtel est considéré comme l’hôtel hanté le plus dangereux de la ville de Los Angeles. En 2013, il a été le théâtre de l’un des faits divers les plus terribles et les plus étranges de ces 10 dernières années…

L’affaire Elisa Lam (2013) désigne la mort dans des circonstances encore non élucidées d’une Canadienne d’origine hongkongaise dans un hôtel de Los Angeles. L’étrangeté de ce décès ainsi que le passé de l’hôtel ont contribué à la médiatisation de l’affaire aux États-Unis, au Canada et dans le monde asiatique.

Elisa Lam (30 avril 1991 – février 2013), également connue sous son nom cantonais de Lam Ho Yi, Canadienne de 21 ans étudiante à l’université de la Colombie-Britannique à Vancouver1, voyageait alors seule aux États-Unis. Elle maintenait un contact quotidien avec ses parents restés en Colombie Britannique, mais le 31 janvier 2013, jour où elle était censée quitter l’hôtel Cecil de Los Angeles pour Santa Cruz, ils n’eurent plus de nouvelles d’elle. Ils contactèrent la police de Los Angeles. Le 19 février, des clients s’étant plaints de la faible pression de l’eau, le service de maintenance monta sur le toit de l’hôtel inspecter un réservoir et y découvrit son corps nu, avec la majorité de ses vêtements et effets personnels dans l’eau.

Les employés de l’hôtel qui l’avaient vue ce jour-là affirmèrent qu’elle était seule. En dehors de l’hôtel, Katie Orphan, gérante d’une librairie voisine, est la seule personne à se souvenir d’avoir vu Elisa ce jour-là.

L’affaire fut largement médiatisée, l’intérêt la concernant ayant augmenté cinq jours avant la découverte de son corps, quand la police avait rendu publique la vidéo de sa dernière apparition connue. Enregistrée le jour de sa disparition par une caméra de surveillance des ascenseurs, on y voit Elisa rentrer et sortir plusieurs fois de l’ascenseur – qui semble étrangement mal fonctionner – parler avec un interlocuteur invisible et gesticuler dans le couloir, ayant parfois l’air de se cacher de quelque chose qui n’apparaît pas sur la vidéo. Elle se met ensuite à appuyer sur tous les boutons pour enfin sortir de l’ascenseur.

Le fait que d’autres morts et assassinats aient eu le Cecil Hotel pour cadre renforça la curiosité du public et de la presse vis-à-vis de l’affaire.

Après quatre mois du fait de nombreux retards, l’institut médico-légal de Los Angeles rendit son rapport d’autopsie. En l’absence de preuves de violence physique, il concluait que le décès était « accidentel et dû à une noyade ».

Les clients du Cecil Hotel, renommé depuis le Stay on Main, ont intenté un procès à l’établissement à cause de cet accident. Les parents d’Elisa ont également déposé une plainte qui a été rejetée en 2015.

Elisa, fille d’immigrants hongkongais qui tiennent un restaurant à Burnaby, banlieue de Vancouver, était une étudiante de l’université de la Colombie-Britannique. Néanmoins, c’est sans avoir accompli ses formalités d’inscription qu’elle part en janvier 2013 pour un voyage en Californie du Sud. Sur son Tumblr, elle dit qu’elle a prévu de s’arrêter à San Diego, Los Angeles, Santa Cruz, San Fransisco, et peut-être San Luis Obispo. Elle voyage seule en train et bus inter-cités et arrive à Los Angeles le 26 janvier. Deux jours plus tard, elle s’enregistre au Cecil Hotel, qui se situe près du quartier d’affaires de Downtown Los Angeles. On lui donne initialement une chambre partagée au cinquième étage, mais son colocataire se plaignant de ce que les avocats de l’hôtel appelleront « un étrange comportement », elle est déplacée dans une chambre simple deux jours après.

Elisa avait été diagnostiquée comme bipolaire et dépressive et était sous traitement (Wellbutrin, Lamictal, Seroquel, Effexor). Selon sa famille, elle n’avait pas d’antécédents ni d’idées suicidaires, mais un rapport déclare qu’elle avait été portée disparue plusieurs fois auparavant. Elle avait mentionné dans un blog la souffrance due à ses troubles mentaux. Dans un article de janvier 2012 intitulé « Tu es toujours hanté par l’idée que tu gâches ta vie » d’après une citation de l’écrivain Chuck Palahniuk, elle s’était plainte d’une « rechute » au début de l’année scolaire qui l’avait obligée à laisser tomber certains cours, la laissant « complètement perdue et sans aucun but ». Elle craignait que son avenir universitaire ne soit compromis de ce fait.

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Author: admin

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